
Le graphisme évolue vite, porté par de nouveaux usages, des plateformes en mutation, la montée de l’IA, et un public saturé d’images. En2026, ce ne sont plus seulement les outils ou les effets qui changent : c’est la manière de concevoir, percevoir et raconter les images.
Voici les tendances qui transforment vraiment la pratique des designers, illustrateurs, graphistes et créatifs.
Le RGAA 2025 a changé la donne.
Ce qui était perçu comme un impératif légal devient peu à peu :
Concrètement, cela transforme :
C’est le retour d’un design qui pense d’abord au lecteur, puis au style.
Et ça fait du bien.
Croire que le minimalisme digital est un “style” est une erreur :
c’est la conséquence directe de la saturation numérique.
Trop de contenus → fatigue visuelle → besoin de calme.
Mais attention : on sort du minimalisme clinique des années2010.
Le nouveau minimalisme est :
Un design calme, mais pas froid.
Un design simple, mais pas pauvre.
Les plateformes — TikTok, Instagram, Pinterest — dictent aujourd’hui des stéréotypes visuels :
couleurs à la mode, compositions répétées, styles générés en boucle.
On voit émerger ce qu’on pourrait appeler une esthétique algorithmique :
Pour les designers, l’enjeu n’est pas de combattre cette esthétique, mais de la décoder pour :
Le design gagne quand il résiste un peu.
Avec l’hyperpersonnalisation et les interfaces dynamiques (IA prédictive, data en temps réel), une identité figée ne suffit plus.
On passe à des :
Le design graphique prend un virage “systémique” :
→ on ne crée plus une identité,
→ on crée un langage visuel capable de s’adapter.
C’est une révolution silencieuse.
À force d’images parfaites, propres, vectorielles, sans grain…le public se lasse.
On assiste à un retour massif des textures :
Ce n’est pas de la nostalgie :
c’est une recherche de crédibilité visuelle.
Une image trop lisse n’est plus perçue comme “premium”, mais comme “artificielle”.
Les formats courts, l’omniprésence de la vidéo, l’importance du son :
tout pousse vers un design qui communique en une sensation avant même un message.
On voit émerger :
Le design se rapproche du théâtre :
il doit capter en un instant, transmettre une intensité, créer un lien.
Les contraintes écologiques (serveurs, pollution numérique, poids des pages) poussent les designers à repenser :
Le design “sobre” n’est plus un style, mais une responsabilité.
Et paradoxalement, cela améliore souvent la qualité visuelle : moins de simulation, plus d’essentiel.
L’inclusion dépasse l’accessibilité :
Ce shift est long, mais il transforme réellement le graphisme contemporain.
Tout est devenu vertical-first : smartphone, social media, capture rapide.
Conséquences :
Le design se pense “dans la main”, plus que “sur un écran”.
Plus l’IA génère des images “moyennes”, plus les designerscherchent :
C’est une conséquence directe du déferlement visuel algorithmique.
Une manière de dire :
“Le design n’est pas un produit industriel, c’est un acte culturel.”
Et c’est précisément la philosophie Graphitéine.

Le mouvement est devenu la langue maternelle du digital.
Stories, Reels, TikTok, interface mobile, micro-animations… on vit dans un flux où tout bouge, rapidement, souvent verticalement, et presque toujours “dans la main”.
Le motion design n’a jamais été aussi présent — et jamais autant transformé par les usages. Voici comment les tendances digitales redessinent aujourd’hui ses codes.
Le passage au format vertical n’est pas qu’une question de ratio.
Il change profondément la manière de composer et d’animer:
Le vertical impose un rythme, pas seulement un cadrage.
Le mouvement doit “accrocher” avant même de commencer.
Finies les animations longues, détaillées, nécessitant 15secondes d’attention.
Aujourd’hui, le mouvement est :
Exemples :
C’est du “motion UX” : un mouvement qui sert, pas un mouvement qui brille.
Les plateformes imposent un tempo élevé :
Le motion design devient syncopé, percutant, parfois hyper-fragmenté.
Une écriture proche du clip, du GIF, de la punchline visuelle.
Un paradoxe : plus le motion se professionnalise, plus il doit avoir l’air authentique.
Cela se traduit par :
Le motion design doit avoir l’air vrai, pas mécanique.
Avec l’explosion du contenu audio (TikTok, podcasts, trend sounds), une animation sans son paraît incomplète.
Tendances observées :
Le motion redevient un art synesthésique : un dialogue entre l’œil et l’oreille.
L’IA générative bouleverse le motion design :
prévisualisation rapide, production de sprites, création simplifiée d’arrière-plans, automatisation de transitions.
Mais elle apporte aussi :
Les créatifs reviennent donc à :
La résistance créative face aux dérives de l’IA devient une tendance en soi.
Et cela rejoint parfaitement nos engagements de création humaine.
Grâce au phygital et à la RA/AR (réalité augmentée), le mouvement acquiert une nouvelle profondeur et s’exprime à travers :
C’est l’extension naturelle de l’art immersif :
une immersion miniature, dans la poche, accessible au quotidien.
Les designers doivent désormais composer avec :
C’est la fin du motion design “trop rapide pour briller”.
Place au mouvement responsable et inclusif.
Après des années de scroll infini, la narration revient :
Le motion redevient un petit film, même en format vertical.
À force d’uniformisation (IA, templates, trends), ce qui se démarque, ce ne sont plus les effets — mais les gestes graphiques :
Le motion devient l’espace idéal pour dire : “Nous ne faisons pas comme les autres.”

Le graphisme évolue sans cesse, mais 2026 ne sera pas une année de rupture brutale : ce sera une année d’ajustements, de prises de conscience, de choix plus assumés. Une année où l’on cherchera moins à suivre la mode qu’à comprendre ce qu’elle révèle : la fatigue du trop-plein, le besoin de calme, le retour des textures réelles, le contraste nécessaire face à l’esthétique algorithmique, l’exigence d’un design accessible et plus attentif aux représentations.
Ce que montrent ces tendances, c’est que le graphisme n’avance pas au rythme des outils, mais au rythme des cultures visuelles, des usages et des gens. La technologie peut accélérer, imposer, standardiser ; le design, lui, reste une manière de voir, d’interpréter, de créer du lien.
Si vous sentez que votre univers visuel mérite un nouveau souffle, une direction plus nette ou simplement un œil extérieur pour trier l’essentiel du superflu, on peut en discuter autour d’un thé. Sans promesse tapageuse, sans “template miracle”, juste le temps de comprendre où vous voulez aller — et ce que vos images peuvent dire de vous en 2026.







